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Focus 2014 – Missionnaires

IMG_0644Extraits de l’assemblée générale du 24 mars 2014

Etre missionnaire aujourd’hui en France, cela a pu nous surprendre il y a quelque temps, pourtant c’est à cela que nous sommes appelés et ce besoin n’est pas une nouveauté en lui-même. Le XIXème siècle a en effet été émaillé de missions partout en France. A titre anecdotique, dans les années 50, jeune élève chez les Maristes, je n’imaginais pas que l’on puisse être missionnaire ailleurs qu’en Afrique, en Asie, en Océanie ou chez les Indiens. C’est pourquoi, la grande croix située au tiers de la nef dans l’église de notre petit village familial où je passais régulièrement les vacances d’été ne manquait jamais de m’interroger, il y était marqué Mission 1882. Ce n’est qu’assez récemment que je compris que les campagnes françaises  déchristianisées par les avatars de la révolution avaient bénéficié d’une nouvelle évangélisation propre à cette époque, les missions paroissiales et qu’en souvenir une grande croix de mission était installée dans l’église du village ainsi réévangélisé. Aujourd’hui, cette mission continue d’exister, elle est animée par les Lazaristes, comme la paroisse de Saint-Pourçain a pu en bénéficier récemment et Gilbert pourra nous en dire deux mots. Etre missionnaire pour les Français prend néanmoins aujourd’hui une autre allure à deux endroits, rejoindre les personnes sur leur lieu de vie et avoir un langage qui prenne en compte les écueils spirituels contemporains.

Les hommes et les femmes travaillent et la maison n’est plus nécessairement le barycentre des activités des ménages, [ménage au sens fiscal du terme, et qui peut donc ne comporter  qu’une seule personne], il importe alors de s’adresser aux personnes sur leurs principaux lieux d’activité.

Par ailleurs, l’accès à la liberté individuelle qui se généralise dans notre société occidentale affranchit l’homme totalement et l’a amené à comprendre qu’il n’appartient qu’à lui-même et, je dirai par excès de jubilation, favorise son entrée dans la toute puissance. Aujourd’hui l’homme de la rue prend réellement conscience qu’il est libre. Ce faisant, l’homme parachève le projet de Dieu pour lui, Dieu l’a créé en effet libre, et paradoxalement, alors qu’il n’est ni ange ni bête, l’homme s’enferme dans une dimension partielle de son être, se réduisant à la conception psychique qu’il peut avoir de sa personne. En conséquence de quoi cette liberté, qu’il croit totale mais qu’il aliène lui-même sans s’en rendre compte, ne lui fait plus supporter sa finitude. Cela le conduit en particulier à vouloir maîtriser sa propre mort dans un sens ou son opposé et à évacuer ou éliminer les contraintes que génèrent ceux qui ne sont pas dans la norme. On normalise donc tout ce qui peut l’être par décret et on évacue ou on élimine tout ce qui ne peut pas l’être. Ainsi, le report de 3 à 9 ans de l’application de la loi de 2005 sur le handicap prévue en 2015 est la moindre des caractéristiques de l’évacuation de ce type de contrainte, ce rejet est, vous le savez, beaucoup plus grave quand il s’attache à la personne même et  pas seulement aux moyens de confort dont elle a besoin.

C’est à cet orgueil de l’homme que nous sommes confrontés. Orgueil bien masqué, qui ne prononce pas son mot mais qui est relayé sans arrêt par bon nombres de scribes, je veux dire de médias. Orgueil tellement masqué que non identifié, ses conséquences semblent naturelles. Il laisse pourtant un vide sans réponse chez bon nombre de nos concitoyens et que certains cherchent spontanément à combler en interpellant même directement ceux qui s’affichent chrétiens. Tel le steward voyant un homme à col romain, s’assied à coté de lui dans l’avion et lui dit : vous êtes prêtre, parlez-moi de Dieu ! Ou, en appel moins direct, cette serveuse encaissant la monnaie de consommateur en réunion de préparation de la rencontre de Senlis : vous parliez de l’Eglise, oh moi ? Je ne suis pas croyante ce sont mes parents…

Comment donc être missionnaire et ne pas être pris en croche-pied par cet orgueil diffus mais bien présent ? Il faut être tout le contraire de ce que je suis en train de faire en ce moment. Ce ne sont pas avec des raisonnements théologico-philosophiques que nous gagnerons les cœurs. C’est en nous appuyant sur l’adversaire principal de l’orgueil. Pour ce faire, nous avons l’éclairage d’un guide hors paire pour notre mission, le pape François. Son modèle d’humilité se pose à l’exact contraire de la toute puissance, y compris celle qu’a pu avoir l’Eglise à certaine époque de sa vie. L’humilité, c’est ce que vit inconfortablement Notre-Dame des Ailes dans son incapacité à étoffer ses structures. En ce sens, l’exécution de sa mission ne repose que sur la grâce que veut bien lui procurer Marie par son intercession. Elle accompagne avec bonheur le vol de l’Association et la foi de ses membres, tous missionnaires.

Jean MICHEL

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